Fonds VLEMINCX HISTOIRE DU PRODUCTEUR ET DES ARCHIVES PRODUCTEUR D’ARCHIVES 1. NOM Henri Désiré Albert Joseph VLEMINCX 2. HISTORIQUE Henri Désiré Albert Joseph Vlemincx, fils de Louis Joseph et de Sabine Antoinette Marie Josephe RECQ, naquit à Charlerloi le 16 mars 1816. Il est incorporé au 11e régiment de ligne pour le terme de cinq ans comme milicien de la levée de 1835, province de Brabant, cummune de Schaerbeek 12e canton, sous le n° 20 le 14 mai 1835. A 19 ans, il entre comme élève à l'école militaire sise rue de Namur à Bruxelles. Deux ans plus tard, le 25 juillet 1837, Vlemincx est nommé sous-lieutenant et désigné provisoirement pour le génie. Après un stage dans cette arme, il y est admis définitivement en avril 1840 et désigné pour le Bataillon de Sapeurs-mineurs le 16 avril 18401. L'année suivante, le 25 avril 1841, il se voit attribué les fonctions d'adjoint au Commandant du Génie à Tournai. Poursuivant une carrière normale, il est nommé lieutenant le 1er août 1843. Dans ce grade également il assume des postes importants2. Vlemincx est nommé capitaine en second le 21 février 1850. Cette même année, il est désigné d'une part comme inspecteur des Etudes à l'Ecole Militaire, d'autre part à l'Etat-Major du Génie. Lorsqu'il est nommé capitaine en premier le 15 octobre 1855 il est déchargé des fonctions d'inspecteur des etudes. Cependant à la demande expresse du commandant de l'école, Vlemincx continue ses fonctions. 1 Il venait de terminer les cours de la 2e promotion (1835-1940) de l'école d'application. 2 adjoint au commandant du génie à Namur, 26 janvier 1845 adjudant du directeur des fortifications dans la 3e division territoriale, 4 septembre 1845 adjudant du directeur des fortifications dans la 2e division territoriale, 23 avril 1847 adjudant du directeur des fortifications dans la 4e division territoriale, 6 août 1847. Ayant été sollicité par le Gouvernement du Pérou pour y être employé comme ingénieur militaire, Vlemincx accepte avec enthousiasme3. Le 10 mars, par une lettre au Ministre de la Guerre, Vlemincx sollicite la faveur d'obtenir un congé sans solde, d'une durée de 6 ans, avec l'autorisation d'être employé comme ingénieur militaire, par le Gouvernement du Pérou4. Le 17 mars suivant le Ministre de la Guerre demande l'autorisation royale en des termes très élogieux: "... cet officier s'est constamment distingué dans les fonctions spéciales dont il a été souvent chargé, joint à une grande instruction un zèle infatigable et un dévouement éprouvé...". De son coté, le lieutenant-général, commandant l'Ecole Militaire, appuie vivement la demande de son subordonné. Il est d'avis que la mission que le capitaine Vlemincx est à appelé à remplir à l'Etranger "tout en lui procurant de grands avantages, ne manquerait pas de faire honneur à la Belgique et à l'établissement ou il a reçu son instruction militaire"5. Le Roi accorde à Vlemincx le congé sollicité. Le capitaine Vlemincx, marié et père de famille, part finalement pour l'Angleterre. Le 2 mai 1856 il s'embarque à Southampton sur "Le Plata". Le 9 mai il passe au large des Açores, le 15 il fait une escale de 4 jours à Santo- Thomas. Vlemincx en profite pour visiter la région. Il quitte Santo-Thomas sur "Le Cleyd" vieux, lourd et noir bateau de bois de triste apparence, faisant très piteuse figure à côté du beau steamer "Le Plata"6. Il arrive à Colon le 27 mai 1856. Prenant une nuit de repos il commence le lendemain la traversée de l'Isthme de Panama, et passe ainsi de Colon sur l'Océan Atlantique à Panama sur le Pacifique après 75,6 kms de voyage par chemin de fer. De là il reprend le bateau le 'Noba Grenada". Il quitte Panama le 30 juin pour arriver six jours plus tard à l'étape de Guayaquil. Le lendemain nouveau départ pour une croisière de 6 jours. Vlemincx arrive finalemen à Callao le 10 juin7. Arrivé sur place, Vlemincx se met immédiatement au travail avec l'enthousiasme qu'on lui connaissait en Belgique. Par son contrat, Vlemincx devait prêter ses services au Pérou pour tout de qui est dans les attributions du Corps du Génie et pour l'enseignement de son arme si on le désirait. Il est à remarquer que Vlemincx ne faisait pas partie de l'Armée Péruvienne, il n'y avait aucun grade, il recevait simplement un traitement annuel du gouvernement du Pérou. Etant là-bas, sans pour cela avoir quitté l'armée belge, il portait avec autorisation spéciale du Ministre de la guerre, l'uniforme d'officier de notre armée. Hélas, quelques mois après son arrivée des troubles politiques éclatèrent dans le Sud du Pérou, et augmentent chaque jour d'importance pour s'étendre finalement à tout le littoral de la République. Dès le commencement de cette Révolution, et de la guerre civile qui devait en être la suite inévitable, Vlemincx allait être placé dans une position délicate. En effet, dès que le gouvernement du Pérou entrevit l'arrivée au Callao des navires de guerre, appartenant au général Vivanco, il voulut exiger de notre officier qu'il prenne parti dans cette crise politique et qu'il aille élever et armer des batteries volantes pour repousser le débarquement dont le général Castilla se croyait menacé. Dans une première entrevue avec le Président provisoire 3 Il signe le contrat à Bruxelles le 8 mars 1856, contrat ratifié le 28 avril à Londres par le Ministre de la République du Pérou, résident à cette Cour. 4 A.M.R.A., anciens dossiers officiers 3709 d.2. 5 A.M.R.A., anciens dossiers officiers 3709 d.5. 6 A.M.R.A., Fonds Vlemincx I, 2 p. 1. 7 Nous avons une relation graphique de ce voyage, dans laquelle Vlemincx note jour après jour sa position, y signalant même les températures, les orages, etc. au sujet de ces batteries le capitaine Vlemincx, après avoir dit ce qu'il pensait comme militaire du peu d'efficacité de ce genre de défense et avoir expliqué que ce sortes d'ouvrages n'étaient pas du ressort d'un officier du génie, mais bien de celui des officiers d'artillerie chargés de les défendre, il exprima clairement au général Castilla son désir de remplir toujours les engagements qu'il avait pris envers le Pérou, mais aussi son intention bien arrêtée de ne pas se mêler activement à la guerre civile qui se préparait. Malgré cet avertissement, le capitaine Vlemincx reçut peu de jours après, du Ministre d la Guerre du Pérou, l'ordre d'aller au Callao élever des batteries. Il partit immédiatement trouver à Lima, le consul de Belgique, Mr. A. Richou et lui soumit sa position et la résolution qu'il avait prise de quitter le Pérou. En effet, son contrat stipulait qu'il cesserait ses fonctions, en cas de maladie ou de cas fortuits. Or Vlemincx, en accord avec le Consul de Belgique à Lima, estime que cette guerre civile dans laquelle on veut lui faire prendre une part active, est un cas fortuit. A l'injonction du Ministre de la Guerre de se rendre au Callao, pour u armer les batteries projetées,. le capitaine Vlemincx répond qu'il est prêt à obéir à cet ordre et à exécuter les travaux qu'on lui indiquerait, mais en même temps il remettait au Ministre sa démission. Celle-ci fut acceptée, "Vlemincx retournera bientot en Belgique, écrit le consul de Belgique à Lima, emportant d'ici, l'estime de tout le monde, l'amitié de ceux qui ont eu le plaisir d'être en relations suivies avec lui".8 En réalité, les autorités gouvernementales le tenant hors du conflit, Vlemincx resta encore quelques temps, il reçut l'autorisation de quitter le Pérou par un décret du 5 juillet 1858, qui ne fut confirmé que le 26 septembre 1858 par le Ministère de la Guerre et de la Marine. On lui alloue pour lui payer le retour, la somme de 600 piastres stipulée par l'article 3 de son contrat. Cependant Vlemincx avait rendu pendant ces deux années de présence au Pérou, un travail sérieux: 1. il donne au Ministère péruvien lors de la formation d'une commission pour les examiner les questions d'armement, une note sur les nouvelles armes portatives et l'armement des troupes. 2. fit en juillet 1856 un projet indiquant les bases d'établissement d'un collège militaire. 3. en septembre 1856 il donna au Ministère péruvien un projet accompagné de plans de délimitation du terrain militaire au Callao, en vue des nouveaux ouvrages à y établir. 4. il établit une note et des plans retartifs à l'établissement de batteries provisoires au Callao. 5. fit le projet d'un arsenal défensif accompagné de 11 plans indiquant tous les détails de la construction des fortifications et des batiments, en plus d'un mémoire-devies et états d'armement. 6. le 15 octobre 1856 il fit le plan de la fregat "Amazonas" qu'il envoya au commandant général de la marine, qui le transmit au ministère. 7. exécuta pour le ministère neuf plans relatifs à l'ancienne forteresse du Callao. 8. il remit un travail qui consistait en des projets de décrets pour l'établissement d'un collège militaire, divisés comme suit: programmes détaillés des études et des travaux (21 juillet 1857) un projet de loi sur cet établissement (5 août 1857) un projet de decret du pouvoir éxécutif, avec les détails complets relatifs au régime des études et un projet de rapport à la Convention (7 août 1857) 8 A.M.R.A. anciens dossiers officiers 3709 d.II lettre datée de Valpareiso le 31 janvier 1857. 9. plan du vapeur "Ucayali" et minutes de plans des autres navires. 10. projet de réparation de la Caserne San Lazaro, un plan et un devis (12 août 1857). 11. un second projet complet de fortifications pour le Callao (21 mars 1858); quatre plans- mémoire-états de garnison et d'armement - devis. 12. inspection du chemin de fer du Callao. 13. plans et levés à Aréquipa. Il avait de plus été placé à la direction de l'Ecole Militaire péruvienne9. En dehors de ces travaux d'obédience purement militaire, il adressa au Ministère des Affaires Etrangères de Belgique dans un rapport substantiel le résultat de ses observations au point de vue du développement de nos relations commerciales avec le Pérou. Dans une lettre adressée au Ministère de la Guerre le 25 juin 1859, le Ministre des Affaires Etrangères signale que "Mr. Vlemincx, pendant son séjour dans l'Amérique Méridionale, s'est occupé activement, même en dehors de sa spécialité, des intérêts de la Belgique, il a contribué à y faire connaitre et apprécier les produits de ses principales industries, ses ingénieurs et ses établissements d'instructions".10 Par lettre datée du 26 mai 1859 au Ministre de la Guerre, le capitaine Vlemincx demande sa réintégration dans les cadres de notre armée. L'autorisation royale accordée il rentre au service actif le 30 mai 1859. Il est mis à la disposition du lieutenant-général De Trannoy, inspecteur général des fortifications du Corps du Génie. Celui-ci le détache à Anvers pour coopérer à la confection des plans et projets relatifs à la nouvelle enceinte de la place. Le 3 novembre suivant, le capitaine Vlemincx demande un nouveau congé de trois ans avec autorisation de se mettre à la disposition du gouvernement brésilien, afin de s'occuper de l'exploitation et de la construction de chemin de fer. Le lendemain, le secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères, intervient à son tour auprès du Ministre de la guerre: "Nous avons, écrit il, au point de vue de notre industrie, le plus grand intérêt, à ce que les entreprises de cette nature à l'étranger soient remises en des mains belges. L'expérience a prouvé que c'est le meilleur moyen de nous attirer les commandes de matériel et les établissements anglais ne doivent le plus souvent qu'à des ingénieurs de leur nation la préférence qu'on leur accorde pour les fournitures de cette nature. Il serait donc fort désirable que Mr. Vlemincx put accepter les propositions qui lui sont faites"11. Cependant le lieutenant-général de Trannoy refuse le congé: "l'Armée n'est donc pour lui qu'un pis-aller qu'il voudrait quitter quand il trouve plus d'avantage ailleurs, et reprende quand ses projets n'ont pas réussi... s'il désire le servir (son pays) comme industriel ou de toute autre manière qu'il renonce franchement à sa carrière militaire"12. Cette mauvaise humeur est probablement due au fait, qu'à ce moment, à cause des grands travaux qui vont s'exécuter, tous les officiers du génie sont surchargés de besogne. Après l'intervention d'autres personnalités, Vlemincx reçoit finalement un congé d'un an, et part au Brésil. Il est par le gouvernement brésilien nommé moins d'un an plus tard inspecteur général du chemin de fer de Don Pedro II à Rio de Janeiro. Huit autres belges sont employés sous ses ordres, dont plusieurs chefs de service. 9 A.M.R.A. anciens dossiers officiers 3709 d.30. 10 A.M.R.A. anciens dossiers officiers 3709 d.22. 11 A.M.R.A. anciens dossiers officiers 3709 d. 27. 12 A.M.R.A. anciens dossiers officiers 3709 d.28. En avril 1860, le général Chazal lui accorde une prolongation de congé de deux ans. Sa grande capacité de travail alliée à son esprit d'entreprise décida le gouvernement brésilien de prolonger le contrat du capitaine Vlemincx comme inspecteur général de la partie en exploitation, pendant un nouveau terme de trois ans. Celle-ci lui est accordée. En juillet 1865 une nouvelle prolongation d'un an lui sera encore donnée. Revenue en Europe, après un travail bien accompli, il reprend son service actif le 1 er octobre 1866. Dès le 8 janvier 1867 il est adjoint au Commandant du Génie de la ville d'Anvers. Le 27 juillet 1870 il est nommé commandant du Génie de la 3e Division du Ier Corps de l'Armée d'observation. Après la mobilisation il reprend ses fonctions d'adjoint à Anvers. Le 4 mars 1871 Vlemincx accède au grade de major, une quinzaine de jours plus tard, le 20 mars il prend sa pension de retraite. Pendant cette retraite, il met à profil ses loisirs pour mettre en ordre ses dessins et ses notes de voyage. Il décéda à Bas-Oha (province de Liège) le 13 août 1883 à l'age de 67 ans. ARCHIVES 3. ACQUISITION Don de mademoiselle Michel, petite fille du capitaine Vlemincx. Prénom, Titre, Lieu, année.